CE QUE JE RETIENS : 23/71

 
3 échafaudages de secours
– distractions
– drogues (t’insensiblisent Ă  ta misĂšre)

27 piliers d’autodĂ©fense
– rire de tout tout le temps
– appeler au secours un passant
– anticiper-Ă©viter
– projection rĂ©gression somatisation
– action

 4 types d’attachement
– sĂ©cure
– Ă©vitant
– ambivalent
– dĂ©sorganisĂ©

 10 principes de l’attachement
– on peut bien sĂ»r prĂ©dire la dĂ©tresse liĂ©e Ă  la sĂ©paration
– l’isolement et la perte sont bien sĂ»r des traumas
– avoir peur active le besoin d’attachement bien sĂ»r 

 7 péchés capitaux
– mensonge
– colĂšre
– mensonge

 10 commandements
– tu ne me mens plus jamais
– je ne me mets pas trop en colĂšre
– personne ne tue personne

 7 merveilles du monde

 3 échafaudages de secours
– diversions (fortes)
– satisfactions (de substitution)
– stupĂ©fiants (te rendent insensibles un temps Ă  ta misĂšre)

top 13 de la vengeancetop 13 de La Vengeance de la pelouse

TOP 5


– Sais-tu j’ai Ă©crit deux jours de suite ‘Molle clv’ pour ‘Mlle clv’ et ‘quant Ă  mol’ pour ‘quant Ă  moi’, alors que je n’ai jamais Ă©tĂ© aussi ferme, je veux dire en tant que patate fille. Regarde, je tiens mĂȘme trĂšs Ă  jour le top 5 des lapsus clavier :
1 ĂȘtre oubliĂ©e pour publiĂ©e
2 le maton j’ai mauvais rĂȘves
3 si Katia ne pute pas
4 et 5 au lieu du chĂąteau-fort j’ai Ă©crit le chĂąteau-frit de Tom, puis dans la foulĂ©e Tom m’a dit que j’étais youthful j’ai entendu useful et ça m’a fait tellement plaisir, ça m’a fait me sentir ĂȘtre la petite-fille de Louise Bourgeois qui parle tout le temps de ‘ĂȘtre utile’. Louise a dit aussi que c’était ‘une constatation trĂšs triste’ mais qu’elle ne pouvait aimer que les gens qui l’aidaient. Toutefois je n’ai jamais lu dans ses propres paroles qu’elle avait fait le pont-levis entre son dĂ©sir d’ĂȘtre elle-mĂȘme utile et le conditionnement de son amour. Si je fais le pont moi, en passant dessus aprĂšs Louise, si je fais cette constatation pas triste du tout qu’ĂȘtre utile est utile Ă  l’amour dans les deux sens, alors je me vois petite fille Ă  la poitrine pas plus ronde que des creux poplitĂ©s et cependant so useful, puis je me vois mourir so youthful comme Louise Ă  99 ans. Ce n’est pas aussi fiable que la gĂ©omĂ©trie chĂšre Ă  Louise, mais c’est fort utile aussi Ă  connaĂźtre la date de sa mort, ça fait une ligne brisĂ©e, avec la poitrine plus ou moins plate plus ou moins gonflĂ©e plus ou moins esseulĂ©e, une sorte d’escalier de 1960 Ă  2059, mais ascendant. Oui. Tu as raison. Il y a le temps.

zingari

LE JOUR OÙ JOHNNY M’A PERDUE


Il y a eu un jour oĂč Johnny a perdu moi. À jamais bien que fontaine etc. Ă  jamais plus eau de fontaine de moi Johnny ne boira. Mon affection pour lui qui Ă©tait vivante d’un jour est morte tuĂ©e par violence car c’est ce que violence fait elle tue. Auparavant il y avait eu l’agonie. Auparavant lentement je m’apercevais dĂ©jĂ  que l’estime dans laquelle Johnny me tenait au lieu de me tenir me lĂąchait des petits pets Ă  la figure, des pets embaumĂ©s mais c’était fort dĂ©sagrĂ©able c’était trĂšs inconfortable je perdais le confort de l’estime de Johnny ça me lĂąchait tout en gonflant les pectoraux je ne le reconnaissais pas le Johnny. Puis il y a eu le jour oĂč il m’a poussĂ©e du petit podium de l’amie de cƓur jusque dans la tombe d’une rien du tout.

Ce n’était pas qu’un cas ordinaire de brouille ou de contentieux, de dispute de fĂąchage et autres simagrĂ©es de la mitiĂ©. Cette mite rare, c’est pour moi la premiĂšre fois, cette mite-lĂ  c’est Ă  peine croyable je jure elle ne tient pas Ă  moi. Je jure je n’ai rien fait cette fois il ne s’est rien passĂ© c’est tout l’autre cette fois. C’est Johnny. Il a choisi de me perdre plutĂŽt que de rĂ©pondre Ă  mon appel au secours. Ce que je vais dire est vilain on pourrait l’attraper en gourdin pour dĂ©fendre pauvre Johnny mais ce serait se tromper lourdement attention je prĂ©viens puis je dis dans la grille de Johnny, colonne carriĂšre, rubrique avancement, je n’apparaissais plus cochĂ©e comme depuis dix ans Ă  la sous-rubrique utilisable en vue de promotion, par suite d’une part de son rĂ©cent avancement, par suite d’autre part de cet appel au secours (ce qui m’a pris je dois encore me le demander : qu’est-ce qui m’a pris ?) qui me montrait Ă  lui sans plus aucun de mes pouvoirs magiques, toute impuissante et vulnĂ©rable comme je suis aussi, et m’enfonçait d’un coup dans la vase.

Je le sais que si j’aimais Johnny je resterais trouvable pour quand il aura besoin de moi mais violence Ă©crase le lien comme sabot l’asticot et je suis bien trop Ă©crasĂ©e depuis ce jour, je suis passĂ©e inexistante Ă  Johnny il m’a perdue comme un chien au fond d’un bois je ne peux revenir par pure chiennerie et lui lĂ©cher les mains je ne peux me remettre Ă  revivre comme ça. Par mitiĂ© dĂ©fectueuse. C’est pour le restant de la vie cette perdition-lĂ . Johnny Bougeotte. C’est aussi pour ça qu’il n’a pas bien vu. Il n’est pas assez immobile pour voir, les tombes elles sont dĂ©finitives.

la vilaine riviĂšre Ouse

SOUS PERFUSION


un atelier Ă  l’école d’art  |  j’ai d’abord cru que je devais prĂ©parer quelque chose de spĂ©cial pour ojd mais quand j’ai demandĂ© au professeur qu’est-ce que tu attends au juste le professeur m’a rĂ©pondu que tu sois juste toi-mĂȘme donc juste moi-mĂȘme j’ai fait Ă  ma façon je n’ai rien prĂ©parĂ© pas de plan pas de rĂ©flexion pas de pensĂ©e pas d’anticipation je veux dire pas sur le plan cĂ©rĂ©bral mais sur le plan physique oui sur le plan matĂ©riel oui pareil et ça parce que mon cerveau n’a pas d’indĂ©pendance hors du corps voilĂ  c’est commencĂ© vous voyez je pense que je suis un athlĂšte

donc tout ce que j’ai fait c’est m’entraĂźner en Ă©crivant ce texte pour me rassurer sachant mĂȘme que je ne le lirai pas et j’ai apportĂ© avec moi beaucoup d’autres textes pour me rassurer pareillement certains sont en papier d’autres en voix il y a Marlon Brando Ingeborg Bachmann The Blind Boys of Alabama Gherasim Luca Bowie Bukowski Brautigan Tchekhov et Dylan il y a donc des suicidĂ©s et d’autres pas du tout et j’espĂšre que tous ils voudront bien passer par les organes du corps ojd

en vĂ©ritĂ© ojd ça commence comme n’importe quel jour de travail ça commence avec ce qui est lĂ  au jour dit au dĂ©but ça a toujours l’air lumineux et simple et dĂ©finitif puis aprĂšs ça s’agglomĂšre ça s’agglutine ça se complique et le travail c’est de garder la luminositĂ© et l’allant mĂȘme quand ça devient noir cĂ d de garder une bonne raison de ne pas aller se suicider

aprĂšs avoir Ă©crit ça je me sens bien con et sĂ»rement c’est fait exprĂšs ça fait aussi partie de mon travail de me sentir bien con pour un temps bien profondĂ©ment con dans le sens de dĂ©bile puis je viens le jour dit avec mon sentiment bien Ă  vif de grande faiblesse bien con et mon mac mon micro ma lampe mon coussin et des sĂ©quences de textes cĂ d des textes qui sont montĂ©s Ă  mes oreilles et que je vous propose de lire et d’écouter ensemble pendant cette espĂšce de concert privĂ© je ne peux pas mieux dire bien que ce soit la premiĂšre fois de ma vie que je dise un truc pareil

c’est parce que je suis sous l’influence de 40 annĂ©es d’interviews de Dylan que je viens de terminer de lire je suis encore sous perfusion ça roule dans mon corps en circuit fermĂ© et ça aussi c’est mon travail je dois parler je dois dire ces mots j’y suis forcĂ©e pour qu’aprĂšs l’éblouissement de la voix qui les dit ce soit leur circulation qui m’inonde le territoire et avec elle la dĂ©formation la transposition le mix ces couches Ă©paisses et Ă©trangĂšres qui finiront par me dĂ©placer enfin de moi-mĂȘme

ces jours-ci Dylan m’a dit qu’il n’est pas un interprĂšte et que contrairement aux interprĂštes il sait ce qu’il dit / que la personne qu’il doit impressionner en premier c’est lui-mĂȘme / qu’il est attirĂ© par ce qui est beau et menacĂ© et blessĂ© / que son univers est trĂšs petit et que c’est ce qui l’empĂȘche d’ĂȘtre dĂ©truit / que s’il ne joue pas de musique il ne sent pas totalement en vie

‘un athlĂšte parfait’

Bukowski ‘Chopin Bukowski’

chante tchekhovchante trĂšs bien a dit Tchekhov

site de corinne lovera vitali

1781361583