comme jâĂ©cris un coup ici un coup dans mon cahier nommĂ© âcoco journalisteâ je ne sais plus oĂč jâen suis or si je suis juste ça mâarrive pendant quelques minutes quand je me dis âsi je suis justeâ je nâai jamais su oĂč jâen Ă©tais câest si confusant la vie la journĂ©e le potager le linge les courses lâĂ©criture et archiver et savoir prendre le temps et il faudrait ne pas penser mais penser tout de mĂȘme je trouve que ça demande beaucoup ça demande beaucoup trop de qualitĂ©s que je nâai pas et pas envie dâavoir si je suis juste ça ne mâintĂ©resse pas du tout dâĂȘtre juste dâĂȘtre sage dâĂȘtre modĂ©rĂ©e ou je ne sais quoi rien que de lâĂ©crire ça me donne du prurit de toute façon si je suis juste Ă©crire mâa toujours urtiquĂ©e jâai toujours trouvĂ© que câĂ©tait profondĂ©ment dĂ©bilitant de devoir faire cette activitĂ© en ce qui me concerne et aussi tous mes contemporains je nous trouve tous dĂ©biles et suffisants et pauvres malades et en plus on veut de lâargent tout le temps voilĂ pourquoi je me rĂ©jouis que Faulkner ait dit que ce nâĂ©tait pas bon ce quâil Ă©crivait et que Bukowski se soit foutu de sa propre gueule et que Bernhard ait vu quâil Ă©tait tarĂ© et que Woolf ait Ă©crit quâelle Ă©tait snob je ne tiens pas la liste Ă jour mais les seuls qui mâintĂ©ressent encore ce sont eux ce sont ceux qui ont Ă©tĂ© sĂ©rieux pas sĂ©rieux le contraire de ce type Ă©crivain quâon a entrevu moins dâune minute hier Ă la bibliothĂšque il nous avait fallu un coup de pied au cul gĂ©ant on avait fini par se dire allez on y passe on est Ă cĂŽtĂ© on en Ă©tait Ă notre soixantiĂšme cafĂ© et on avait mal aux jambes câĂ©tait Ă©puisant de devoir faire ceci et faire cela et on lâa fait quand mĂȘme on est passĂ© Ă la bibliothĂšque jâĂ©tais devant Fernand en entrant jâai vu la nuque des gens assis et la gueule du type Ă©crivain invitĂ© qui disait âjâai Ă©tĂ© hantĂ© par les rĂ©fugiĂ©s syriensâ et jâai rĂ©pondu Ă la femme qui sâexcusait en chuchotant quâil nây avait plus de place on va rester debout de toute façon on ne va pas rester longtemps et on sâest regardĂ©s avec Fernand et on est sortis au moins peut-on ici Ă©clater de rire parce quâon est hantĂ©s par le chocolat la fatigue les limaces nâimporte quoi et la guerre aussi comme lâa si bien dit Francis Cabrel toutes les guerres
pour l’anniversaire de ma grand-mĂšre un autre de mes rikiki youtube Ă©crits pas Ă©crits sera visionnable avec trente autres d’autres sur Ă©cran plasmatique et PC et tablettes pendant le festival EXTRA ! au Centre Pompidou – c’est Ă l’initiative de GaĂ«lle ThĂ©val – et c’est gratuit encore !