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Tout avait été si nouveau cette rentrée 2010, c’était excitant. Je voulais comprendre ce qui s’était passé. Si j’avais été peintre sur la page de gauche j’aurais dessiné mon cerveau ça m’aurait pris quinze ans et sur la page de droite en deux coups de crayon j’aurais dessiné mon ventre. D’un côté j’aurais bégayé de l’autre j’aurais crié, j’aurais aimé que ça me convienne mais je n’ai pas choisi d’être peintre. J’avais et j’ai toujours besoin de ponts entre les pages de ma vie, les ponts à la ligne limpide sont lents et complexes, j’ai besoin de ponts j’ai besoin d’explications, j’ai encore besoin de regarder ce qui m’arrive m’être arrivé et tenter de m’expliquer comment ça m’est arrivé. Sachant même que rien ne peut être moitié aussi puissant que ça l’est au moment où ça ne fait qu’arriver, quand précisément les choses sont indicibles, inexplicables, et qu’on ne cherche d’ailleurs ni à les dire ni à les expliquer, je cherche encore la vérité des choses ailleurs que dans les choses elles-mêmes. Dans autre chose. Leur prolongement, qui est aussi leur prolongation. Ou leur élongation. Et mon éloignement. Si comme j’y tiens long va avec loin et va avec lorgner.

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